VOUS AVEZ DIT PRESOMPTION ?

Publié le par MODEM Martinique

Après le choc sans nom que la situation de DSK et les images qui nous ont été diffusées ont causé chez la plupart des Français, il serait peut-être temps de revenir à la raison et d’éclaircir quelques propos proférés ici et là.

Fort heureusement, la quasi-totalité des commentateurs de tous ordres ont reconnu à DSK la présomption d’innocence. Mais parallèlement, quelle chose étrange, beaucoup se sont immédiatement placés dans l’hypothèse où il serait coupable ! Et d’y aller des commentaires du style « je m’étonne que l’on ne pense pas plus à la victime ou tout au moins à la victime présumée ». Alors là, il faut dire stop ! Car enfin, si l’on parle de « victime », cela veut dire que l’on condamne par avance DSK (puisqu’il serait donc, lui, le  coupable) et que les précautions oratoires pour lui reconnaitre une présomption d’innocence n’étaient que leurres. Et si l’on parle de « victime présumée », le raisonnement tient tout autant : s’il y a une « victime présumée », c’est donc qu’il y a en face un « coupable présumé » ! Mais si à ce « coupable présumé » on reconnait la présomption d’innocence : quelle est la cohérence du discours ?

Tout cela signifie que, les mots ayant leur importance, surtout dans un domaine comme celui-là, beaucoup de commentateurs sont soit malhonnêtes, soit illogiques. J’aurais plutôt tendance, vu l’avenir prévisible que l’on prêtait à DSK et son appartenance au PS, à penser qu’il y a plus de malhonnêteté (et le mot est faible) qu’autre chose. On est véritablement dans une tentative honteuse : celle qui consiste à vouloir distiller progressivement dans l’esprit des Français qu’il n’y pas de fumée sans feu (une de ces aberrations qui ont encore cours) et que DSK est forcément coupable.

Alors que faire ? D’abord dénoncer tous ceux qui, sous des apparences de gentils toutous n’attendent que de mordre. Ensuite, souhaiter que l’on fasse preuve d’un peu plus de rigueur et d’honnêteté intellectuelles, bien sûr. Et enfin, peut-être aussi employer des termes plus justes. Pourquoi en effet ne pas par exemple parler de « plaignante » et de « mis en cause » ? Pourquoi encore ne pas parler simplement d’ « accusatrice » et d’ « accusé » ? Ne connaissant ni la réalité des faits ni l’issue du procès, on respecterait alors chacun des deux protagonistes de cette sordide affaire, la véritable équité serait donc sauve.

 

Guy PANEVEL

 

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